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"Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

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"Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Wed 8 Feb - 9:10

Waiting for Anna's excellent translations, why don't you try to read it in French? Come on, c'est pas si difficile!

NOTE: Ce résumé est centré sur l'action principale et ne rend malheureusement pas assez la richesse du livre, tant sur le plan du contenu que celui de la forme. Un grand livre.

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Arthur Dreyfus


BELLE FAMILLE

Prologue – résumé par chapitre ( 36)- Epilogue



Prologue


"Je ne crois pas en la vérité. Comme l'esprit humain, elle a ses humeurs. Elle a son humour. On pense la tenir par une extrémité. De l'autre elle se dérobe pour nous contraindre à rêver. L'écrivain ne fait rien d'autre que cela: rêver la vérité. A sa mode il la tourne;comme le caramel mou confectionné par des tabliers blancs sur les marchés de Bretagne.

La matière première du romancier ne colle pas aux molaires. Elle flotte autour de lui. Ce sont des larmes. Ce sont des lignes. Celles, presque invisibles, d'un canard de province; Celles, trop imposantes, des colonnes nationales.

Magritte a peint un homme qui observe un oeuf, et qui peint un pigeon. C'est de cet oeuf que, précautionneusement, je me suis saisi. Je l'ai désempli. Dedans, j'ai versé un jus neuf.

Comme l'homme au pigeon, je n'ai abouti qu'à l'un des modes possibles de la réalité. Entre mille milliards. Excepté les rayons du soleil et le bruit que donne la mer, un rapide calcul des probabilités m'incite subséquemment à confesser que tout est faux. Qu'hormis ma coquille de départ, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être attribué qu'à ce que Louis Aragon dénomma les droits imprescriptibles de l'imagination.

L'écrivain n'est jamais fidèle à la vérité. Il lui préfère sa petite soeur, la vraisemblance. Qu'on lui pardonne cette allégeance – car il faut convenir qu'un brochet, qu'une vipère, ou qu'un goéland se logent plus commodément dans un oeuf que trois-cent-trois tigres de Bengale."


Résumé


ch.1


Granville est située en Normandie, au nord du Mont St Michel. Les Granvillais vivent du négoce des fruits de mer mais répugnent à en manger pour des raisons obscures, voire inquiétantes.
Dans la baie, au début du siècle, des marées très hautes ont parfois emporté des enfants partis pêcher des moules et depuis on inculque aux enfants la hantise de l'eau salée.
La mairie veut taxer ceux qui pêchent les fruits de mer à marée basse mais les pêcheurs estiment que c'est le droit de la mer qui s'applique. Une bonne part des habitants soutient la mairie pour des raisons financières , sauf lorsque leurs enfants leur ramènent des crustacés car alors ils se posent la question.
Les notables se réservent les belles maisons sur la falaise et les enfants de pêcheurs ne montent jamais sur la colline dont les demeures sont comme un Monopoly interdit.

ch.2

Dans sa maison, Laurence est en colère contre son frère de quarante ans, Tony qui lui rapporte toujours de ses voyages lointains des objets étranges et inutiles. Cette fois, il a ramené à son neveu un caméléon que l'enfant, Madec, observe dans sa boite en plastique. Pas facile de jeter cela à la poubelle.
Tony s'amuse à raconter à sa soeur ses aventures peu recommandables en Colombie, sachant que celle-ci, qui ne vit que dans le présent, ne l'écoute pas. En effet, Laurence est en train de s'inquiéter des crottes que le caméléon va faire. Tony taquine sa soeur en lui rappelant qu'elle a renoncé à suivre un bel amoureux romantique, Astor, en Argentine ( et à quitter Stéphane) pendant son internat. Furieuse, celle-ci, qui depuis cet épisode, s'est interdit toute joie, songe au moyen de se débarrasser du caméléon. Elle se réjouit de voir que Madec semble déçu par le caméléon ( qui est moins beau que sur les images) et, perfidement, elle lui propose de le garder près de lui dans sa chambre. Mais l'enfant, devinant les sentiments de sa mère, pour la contrarier, dit qu'il aime l'animal et l'appelle Big. La mère imagine alors une stratégie perverse : comme ils vont partir en vacances en Toscane, elle s'arrangera pour que l'enfant oublie de prendre le caméléon et s'exclamera au cours du voyage qu'elle a oublié de nourrir le caméléon, mais que ce n'est pas grave car ces animaux survivent sans nourriture dans la jungle.
Au retour, on retrouvera Big mort sur le dos, tout racorni et tout sera bien qui finira bien.

ch.3

Madec, qui a sept ans, a un frère aîné Vladimir et un cadet, Antonin. Alors que les deux autres sont blonds et de tempérament malléable, Madec, qui est roux a plutôt des goûts de paysan, aussi étranger à la famille que son prénom.
Le père, Stéphane, a eu un coup de coeur pour ce prénom à consonance celtique lors d'un congrès médical en Irlande. Sa femme l'a accepté à contre-coeur en disant au père qu'il « prenait ses responsabilités avec ce gosse ». Deux semaines après, l'enfant est né par une césarienne d'urgence à cause d' un accident rare du cordon ombilical.
Laurence, qui a des principes éducatifs stricts, et impose à sa famille une cuisine bio insipide, a tout de même acheté un jeu vidéo à ses fils. Madec, en voyant ses frères zapper stupidement avec la télécommande, doute qu'il soit du même sang qu'eux et décide de sortir.
C'est un mercredi d'automne, jour sans école. Les parents sont de garde à l'hôpital et comme les frères Macand sont d'une sagesse proverbiale, c'est un jour de liberté pour eux. Madec descend pieds nus vers la plage et rêve à son caméléon que son père a bien accueilli car il n'a pas grand chose à dire à son fils et cela lui fera toujours un sujet de conversation.
Pour voir jusqu'à quel point sa peau peut rougir, Madec se déshabille complètement et va se baigner. Il est content car il est tout rouge dans les vagues.
En face de la plage, l'infirmière Francine Frêle, le voit et se précipite pour traverser la route et aller le chercher. Son menton rencontre le pare-choc d'un camion transportant dix tonnes d'huitres. Elle meurt, et sa cervelle se mêle aux coquilles broyées. Madec arrive et demande si elle est morte.

Stéphane Macand donne son point de vue sur l'événement à sa femme en ces termes :
« Avec une haleine d'aquavit, Stéphane Macand expliquait à son épouse qu'ils n'auraient rien pu empêcher, qu'ils ne se trouvaient pas sur place-ni lui ni elle--toi comme moi. Que les accidents survenaient justement par accident. »
Laurence, passant à la limite, sur l'homicide involontaire de son enfant, est surtout choquée par le fait qu'il se promenait tout nu sur la voie publique, rejetant la faute sur la proximité de la plage nudiste ( et homosexuelle) inaugurée par les autorités religieuses trop complaisantes pour les valeurs laxistes de la gauche.
En regardant son mari, elle le trouve mou et inintéressant. Il est porté sur l'alcool et cela fait même l'objet de « private jokes » à l'hôpital. Mais comme il a un bon diagnostic...
Laurence , femme frustrée, se plaît à souligner que son mari est un raté.

Madec est puni, l'infirmière enterrée. Il y aura plus tard un procès pour déterminer la part de responsabilité de l'infirmière et des parents de Madec, dans l'accident.
Avec de la colle forte fournie par la municipalité, les enfants des écoles vont chacun coller une coquille d'huitre sur la tombe de la victime. Au fil du temps, cela deviendra un lieu célèbre de pèlerinage, cela rapportera beaucoup d'argent à la municipalité qui,reconnaissante, décorera Sandrine Frêle, « pour son engagement » dans ce processus.


Ch.4

Madec, lorsque ses parents sont de garde, aime regarder la télévision le soir dans leur lit. En voyant sur l'écran une femme se faire dévorer accidentellement par un tigre dans un zoo, sous les yeux des visiteurs subitement très intéressés par la vie animale, il joue avec l'idée d'une mort violente.
Puis il repense aux dimanches à la messe où il passe son temps à observer les gens et notamment les vieilles dames (les volailles, comme il les appelle.). Il constate que sa mère pleure parfois pendant les chants religieux et ne sait pas pourquoi. Elle non plus d'ailleurs.

Ch.5

Un jour, après la messe, il demande au vieux père Garrec d'aller avec lui à la ferme pour voir les vaches. A la maison, le vieil homme raconte de vieilles histoires en buvant du vin rouge. L'enfant insiste pour en boire un verre, puis deux et s'endort. Le vieux, lui aussi, ivre, se met à dormir; Il est réveillé par la police à la recherche de l'enfant depuis des heures. Le gamin est retrouvé endormi avec les vaches, confié à six pédopsychiatres pour voir s'il n'a pas souffert de la séquestration et examiné par un médecin qui établit qu'il n'y a pas eu viol. Le vieil homme est interné en hôpital psychiatrique. Laurence, sur le conseil de son avocat, ne le poursuit pas mais exige qu'il quitte Granville sous quarante jours. Ce ne sera pas nécessaire car il meurt à l'hôpital au bout de trois semaines, de même que ses quarante vaches que personne n'a pensé à abreuver en son absence.

Fin de la première partie

Ch.6

Départ vers la Toscane. Voyage ennuyeux à écouter les histoires sans intérêt du père et à chercher sans succès des restaurants ouverts.
Laurence se souvient de sa première rencontre avec son mari lors d'une opération chirurgicale où elle l'assistait. Elle avait décidé de le séduire car elle voulait être mère. Ce n'est que sur le parking qu'elle s'est rendue compte avec effroi, comme il n'avait plus son masque opératoire, qu'une horrible balafre lui traversait le bas du visage. Elle a tout de même constaté qu'il avait les traits droits et les yeux clairs et a calculé que cette cicatrice le rendrait plus vulnérable et empressé, ce qui l'a décidée.
Cinq ans plus tard naît Vladimir, leur premier enfant.

ch.7

Laurence est physiquement harmonieuse mais trop métallique pour être gracieuse. Ses traits sont mordants, ses joues lisses, son front finement plissé, ses cheveux d'un blond nordique. Mais chez elle « tout ne tient qu'à un fil qu'elle retient entre ses lèvres pincées ». C'est une femme dominante qui ne supporte pas la contradiction et fait passer ses contradicteurs pour des fous ou des crétins.
« Elle savait qu'elle savait ».
Stéphane lui cède pour avoir la paix et comme elle dirige le service de cardiologie, il préfère lui laisser l'illusion du pouvoir.
Plus adolescent qu'homme, imberbe, à 46 ans, il n'a aucune calvitie.
Leurs relations sont froidement réglées, l'amour et la sexualité y tiennent peu de place.
Entre ce père modéré et cette mère très sévère, Madec, au contraire de ses frères qui s'accommodent de la situation, se sent très seul. Sa mère, à cause de cela, pense qu'il ne l'aime pas et attribue ses fréquentes migraines à un fils qu'elle ne comprend pas. Elle a parfois des cauchemars où elle se voit comme un animal dévoré par ses propres enfants.

Lors d'une halte en Italie, un gentil marchand offre à Madec un porte-clef avec un scorpion dans de la résine qui fascine Madec et lui rappelle Big. La mère est obligée d'accepter mais refuse de le donner à son fils car un scorpion « ce n'est pas fait pour un enfant de sept ans ».

ch. 8

Ils arrivent au lotissement, des bungalows industriels dans une pinède , avec piscine et près de la mer,mais Laurence est déçue car c'est moins bien que sur le Web et elle se demande ce que vont en penser les Josserand qui arrivent le lendemain. Elle se console en se disant que , « comme c'est cher, on ne sera pas avec des ploucs ». Ils décident d'aller à la piscine. Avant de partir, comme elle ne peut jeter le porte clef au scorpion à la poubelle, elle décide de le placer sur le plus haut placard de la cuisine.

ch.9

A la piscine, Madec , toujours à la recherche de l'imprévu qui pimente une vie trop monotone, explore en apnée le fond de l'eau. Lorsqu'il remonte, ses frères lui maintiennent la tête sous l'eau. Μadec boit et s'évanouit.
Ron Murdoch, qui était sur un transat au bord de la piscine, se précipite et sort l'enfant inanimé de l'eau.
Laurence, voyant l'attroupement depuis les vestiaires, se précipite et donne les premières secours à son fils qu'elle parvient à ranimer. Elle remercie chaleureusement Murdoch qui décline son invitation à un repas.
Les frères ne sont pas grondés mais Madec est gâté: on lui fait son lit dans le petit salon devant la télé et on lui apporte son repas. Les frères s'excusent auprès de lui. Il réclame son scorpion mais Laurence butée et qui se trouve comme prétexte que ce objet peut contenir des microbes, explique d'un air ennuyé à Madec qu'elle l'a perdu. Madec, furieux ne la croit pas.

ch.10

Laurence raconte d'un air détaché à son mari qui vient de rentrer, ce qui vient de se passer, en insistant sur la gentillesse de l'Anglais. Ils en concluent :« plus de peur que de mal. »
Arrivée des Josserand, qui ont un bungalow à l'autre bout du complexe. Lui, Julien, grand et beau est architecte, sa femme Sylviane envie la maigreur de Laurence et se console en se disant qu'elle, elle a de gros os. Laurence s'est réjouie en apprenant que Julien à trompé Sylviane avec sa secrétaire, ce qui l'a un peu consolée d'avoir un mari avec une cicatrice si repoussante.
Les amis se donnent rendez-vous à la plage à 14 heures.

ch.11

De retour de la plage, Laurence fait lire a son aîné de 11 ans un livre comportant des scènes de violence et beaucoup trop difficile pour lui. Ils leur préparent des pâtes au lait, plat traditionnel lorsque les parents sont de sortie. Après, Laurence ajoute:
« ...maintenant on va se coucher; parce qu'après s'être occupés de vous toute la journée, Papa et maman ont envie de passer la soirée avec leurs amis. »

Stéphane va chercher les Josserand. Peu après, Fabien arrive avec sa fille Mahaut, et apporte comme cadeau à Madec, un vieux livre trouvé dans une brocante, qui raconte l'Histoire du Kappa, un monstre qui se cache dans l'eau pour noyer les gosses. Comme ça, dit-il, cela fera à Madec un souvenir de sa noyade. S'ensuit, fait par un Fabien rigolard, un horrible récit de ce monstre aquatique, dévoreur d'enfant dans les plus atroces souffrances. Mais pour rassurer un Madec terrorisé, Fabien, lui révèle que seuls des concombres, mets favori des Kappas, les éloignent des enfants. Laurence, qui avait couché les autres enfants, éteint la lumière et ne comprend pas pourquoi Madec se met à hurler et lui demande de lui rapporter des concombres.
Perturbé, Fabien convient avec Laurence de se retrouver au resto.

ch.12

Le restaurant ne pouvant fournir des concombres,Laurence et son mari vont acheter des concombres dans une épicerie et retournent au restaurant.

Madec qui a très peur des Kappas décide de retrouver le scorpion que sa mère a caché car lui seul pourra le protéger du monstre. Alors qu'il est dans la cuisine pour chercher une grande fourchette à viande dans un tiroir, il déduit que sa mère a dû cacher le porte-clef en hauteur. Il essaie donc d'atteindre le haut du placard en montant sur une chaise de bar, ajoute par dessus un couscoussier retourné et enfin, au sommet du placard, distingue la forme du scorpion. Au moment où il s'en saisit, l'équilibre se rompt, il bascule en arrière, son crane heurte l'angle de la table et il tombe en s'embrochant le cou sur la fourchette à viande. Il meurt. Le bruit n'a pas réveillé les frères.

Laurence qui s'est absentée du restaurant pour lui rapporter les concombres promis, arrive au bungalow, ne le trouve pas dans le salon et bute sur son corps dans la cuisine. Un peu de sang a coulé de sa gorge. Sans réfléchir, elle remet tout en place, enveloppe le corps dans la nappe, nettoie le sol tâché de sang avec une lingette imbibée de Javel, la met dans la nappe et transporte le corps dans le coffre de sa voiture. Elle roule jusqu'à l'extrémité de la résidence et, dans la pluie, le dépose dans un petit canal d'évacuation boueux puis le recouvre de branches. Elle repart en voiture.

« L'instant d'après, on vit une 807 se garer devant La Buona Tavola. On vit une femme aux vêtements mouillés en sortir. On vit la femme rejoindre la table de ses amis, se recoiffer en crochetant ses doigts comme un peigne, découper la part d'une pizza quatre-saison dont elle déplora la froideur. On vit cette femme manger. On la vit rire. »






ch. 13

Ses amis lui demandent si les concombres ont calmé Madec. Elle répond « oui » sans réfléchir
et se corrige immédiatement : « Il dormait quand je suis entrée . » Elle pense que Madec était un peu comme un faux mort au cinéma.
Lorsqu'ils reviennent au bungalow, , la porte est entrouverte et la lumière allumée. Ne trouvant pas Madec, le père dit qu'il va explorer les alentours car il ne serait pas étonné que l'enfant soit allé se promener en pleine nuit. Il demande à sa femme d'aller faire un tour en voiture pendant qu'il va aller à la piscine et à la plage. Il sort en fermant la porte à double tour.
Laurence se rend machinalement vers l'endroit où est caché le corps. Elle a du mal à réaliser que c'est le corps de Madec. Elle le porte dans le coffre de la voiture.
Elle roule le long de la falaise surplombant la mer et s'arrête sur le bas-côté, là où un terrain vague, interdit au public, débouche sur le vide. Elle lâche le corps qui tombe dans le fracas des vagues.
Elle se met à éternuer et est soulagée de trouver dans sa poche un mouchoir froissé « mais encore propre . »

Ron Murdoch qui était sorti faire un tour pour se détendre, la reconnaît au volant de la voiture à son retour .
Pendant ce temps, le père et le gardien ont contacté la police.
Laurence se rend à la cuisine et elle voit par terre le scorpion. Alors, subitement, elle se rend compte que ce n'était pas un simple accident mais que «  son fils s'était tué par elle. ». Elle s'effondre sur le sol en une violente crise d'hystérie dont le mari ne comprend pas la soudaineté.
Elle entend la police arriver, questionner son mari. On va l'interroger.

« Laurence pensa à Antonin, à Vladimir. Combien elle les aimait.
Pour eux, elle prit une décision.
Cette décision tenait en trois mots, qu'elle prononça à voix basse pour la toute première fois:
« Madec a disparu ».


ch.14

Des brigades mobiles fouillent les alentours. Stéphane passe la nuit au commissariat, Laurence reste avec les garçons.
A sept heures du matin, son mari revient avec l'inspecteur Paolo Andreotti qui parle bien français. Bien bâti, l'aspect juvénile, un sourire en coin qui lui donne un air faussement bête.
Ils s'assoient dans la cuisine pendant que les policiers fouillent le petit salon. Il y a trop de monde dans un si petit espace ce que Laurence remarque avec intérêt:

« Laurence fixa les semelles innocentes des agents de police, qui gommaient les résidus de son secret. » (Ils effacent avec leurs chaussures, les traces qui pourraient révéler l'accident).

Stéphane fait un résumé des faits jusqu'à l'arrivée de la police. Laurence, qui a peur, dit qu'elle confirme ce qu'a dit son mari mais Andréotti lui fait remarquer que cela ne suffit pas et qu'elle doit raconter ce qui s'est passé lorsqu'elle est revenue, sans son mari, avec les concombres.

« -Quand j'ai ouvert la porte du petit salon,mon fils dormait déjà. Je l'ai embrassé.
-Quelle heure était-il?
-C'était en début de soirée: 21 h.15 peut-être.
-Avez-vous refermé la porte en sortant?
-La porte principale?
-L'avez-vous fermée à clef?
-Je crois. Je n'aurais pas laissé les enfants sans ça. »

Laurence est assez satisfaite de ses réponses. Après tout ce n'est pas si difficile!
Andreotti est perplexe : pas de trace d'effraction, des volets clos, une porte fermée à clef.
En quête d'un détail révélateur, il demande à Laurence ce qu'elle a fait des concombres. Elle dit qu'elle ne sait pas. Andreotti note qu'ils sont restés sur un petit meuble, à côté d'un vide poche, dans l'entrée.

L'enquête débute avec les renseignements d'usage sur les activités passées des Macand.
Une photo de Madec sera placardée sur tous les édifices publics de Toscane avant le soir.

Laurence s'endurcit en l'espace de la journée. Le souvenir du corps de Madec s'éloigne petit à petit , comme une radeau dérivant vers l'horizon.
Stéphane, complètement déboussolé par le chagrin et l'inquiétude, se rend compte néanmoins que sa chère Laurence ne sera plus jamais la même.

Ch15

Deux jours ont passé. Les recherches n'ont rien donné, personne n'a rien vu.
Des bergers allemands ont été déployés sur le terrain, à la grande frayeur de Laurence, mais comme il avait plu, ils n'ont pas trouvé de traces. Ils n'ont pu fouiller le bungalow que Laurence avait subrepticement fermé de l'intérieur. Elle a encore frotté avec du Javel le sol et les plinthes de la cuisine.
Les Josserand n'ont été prévenus que le lendemain de la disparition. Sylviane et Laurence se rendent compte avec un lointain regret qu'il ne peut plus être question de vacances. Sylviane propose de ramener les garçons. Laurence se rend compte qu'ils constituent un handicap pour elle car ils lui donnent de la force. Or « la vérité brille mieux dans les larmes. ». Et puis les Josserand seraient, par leur départ, un poids en moins également.
Laurence rabroue sèchement le directeur de la résidence qui s'inquiète de tout le remue-ménage causé par la disparition et de ses répercussions sur la clientèle. Laurence découvre alors en elle un pouvoir inconnu :  « celui des mères atteintes dans leur maternité ».

Un journal régional , Ouest-France, essaie de les contacter par téléphone. Stéphane est un peu flatté mais se fait attraper par Laurence qui lui dit que la police, ça suffit, que «  c'est une affaire d'enlèvement » et qu'ils ne vont pas raconter leur vie aux tabloïdes.

En elle-même cependant, elle imagine déjà la Une du journal, les photos. Elle s'entend dire : « j'exige que soient brouillés les visages de mes autres enfants. » .Le petit monde de Granville lui paraît soudain bien minable.

« Pour Madec, Laurence voyait plus grand. »

ch.16

Encore célibataire à 46 ans, Paulo Andreotti vit, comme c'est la coutume, chez sa mère. Il apprécie bien la vie et consacre beaucoup de temps à ses enquêtes.
C'est étrange si l'enfant a été enlevé qu'il n'ait pas fait du bruit et réveillé ses frères. Aucun résidu de chloroforme n'a été détecté par la police scientifique. Que font les concombres dans l'entrée alors qu'ils auraient dû se trouver dans la chambre de l'enfant ou la cuisine? A moins que ce soit l'enfant qui les ait posés là avant de sortir à l'extérieur où il aurait été kidnappé?
Il va réinterroger tout le monde, vérifier les casiers judiciaires et les alibis.
Il éprouve de l'affection pour Laurence qui lui rappelle une ancienne conquête.
Il pense aussi à son meilleur ami, Simone Cazzi, qui n'a pas eu de chance dans la vie, battu par ses parents, né un 29 février (un cadeau tous les quatre ans), et qui, alors qu'il était heureux après avoir tuné la voiture de ses rêves, a vu cette dernière broyée en quelques secondes par un camion poubelle. Il ne va pas bien fort depuis.

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Post  frencheuropean on Wed 8 Feb - 9:12

ch.17

Laurence, qui n'a pas mangé depuis quatre jours, repousse l'image du corps de Madec qui revient par intermittence, en répétant : « je ne l'ai pas tué. »
En réfléchissant, elle conclut : «  ce qui manquait à l'affaire pour grossir, c'était un coupable. »

Son sang se glace lorsque Andreotti vient leur annoncer que la brigade maritime explore les côtes à la recherche d'un corps. Elle imagine le retour à Granville dans la honte et la douleur.
Andreotti leur annonce aussi que la presse va bientôt arriver pour les interviewer et leur conseille de s'en méfier.
Laurence , qui a opposé d'un air offusqué un non de principe, est bien contente cependant quand Andreotti fait remarquer que la presse pourrait aider dans les recherches. Elle fait alors semblant de se résigner: «  dans ce cas, bien sûr... »

Le soir, elle craint le pire lorsque l'inspecteur frappe à la porte. Il lui apporte une photo , celle d'un suspect.

ch.18

Ron Murdoch se souvient de son passé. Professeur dans une école anglaise en Italie, il y a été condamné à 16 ans de prison en Angleterre pour attouchement sur de jeunes élèves. Il a plaidé coupable en regrettant que la peine de mort n'existe pas. A sa sortie de prison, à Leicester, il a trouvé un emploi dans un bar. Il a fui à Londres car le barman de 20 ans, Magnus, était tombé amoureux de lui et qu'il s'était juré de ne plus jamais fréquenter de jeunes adolescents. Magnus l'a cependant retrouvé et ils ont emménagé ensemble.
Pour lui faire plaisir, Ron, qui venait d'hériter de sa mère, lui a offert de partir en vacances. Magnus a choisi l'Italie, dans un village tranquille de vacances. Ron a hésité puis accepté. Cependant, peu avant le départ, Il tient à tout dire à Magnus de son passé. Magnus, qui savait tout, lui reproche, d'avoir, par cet aveu, dressé un mur entre eux et le quitte.
Ron part seul en Italie. A la piscine, il va à la rescousse d'un enfant qui se noie. Après, il va visiter pendant deux jours des monuments à Florence.
A son retour , la police l'attend et l'inspecteur l'informe, d'une voix douce, qu'il est le principal suspect dans l'enlèvement d'un petit garçon: Madec Macand.

ch.19

Laurence est étonnée de voir la photo de Murdoch qui ressemble plus à Georges Clooney qu'à un pédophile. De toutes façons, elle estime que comme il a été coupable du pire, il peut payer deux fois.
Elle fond en larmes et s'exclame :
« Ce qui est épouvantable, Inspecteur, c'est qu'il lui a sauvé la vie, avant. »

Une semaine a passé, l'enquête est devenue une affaire. Des analyses ADN chez Murdoch n'ont rien donné. Andreotti ne croit pas beaucoup en sa culpabilité.

Les médias se pressent devant le bungalow. Les Macand feignent de les ignorer. Le magazine VSD offre 15.000 euros pour une interview. Laurence est flattée par la proposition:
« Elle estima qu'en attendant davantage, les enchères allaient monter. Elle s'immobilisa. Fallait-il avoir mauvaise conscience de marchander ainsi? Tout cela c'était pour Madec. Pour le bonheur de ses frères, de sa famille; pour la possibilité de vivre en dehors de lui. »

Obsédé par son passé et sous le poids des soupçons récents, Murdoch veut se suicider en se jetant du haut d'une falaise, mais un autre homme le double et se précipite avant lui dans le vide. Cela le dissuade.

ch.20

Tony appelle et dit à Laurence qu'il lui faut « un plan médias ».

Les Josserand repartent en France, avec les deux autres garçons.

Laurence se demande si Madec lui manque et constate :
« Depuis peu, la disparition de son fils occupait une place plus importante que le fils lui-même. Elle aurait voulu le serrer dans ses bras-qu'il se débatte un peu. Tête de mule. La mère se souvint d'une session de coloriage. Pourquoi Madec dépassait-il tant des contours? Laurence avait saisi le crayon rouge et rempli une tomate proprement. Malgré l'exemple, Madec dépassait encore. Arrachant le cahier des mains de son fils, Laurence avait vidé une boite de feutres et s'était mise à colorier tous les autres légumes. »

Andréotti arrive chez les Macand. La piste de Murdoch ne donne rien. Il sera à nouveau interrogé en présence de psychologues et avec un détecteur de mensonge. Le sang de Laurence se glace à nouveau lorsque l'inspecteur lui apprend qu'un de ses amis est mort en se jetant du haut de la falaise et que les plongeurs vont fouiller le littoral.

Le directeur de l'hôtel leur demande d'avoir quitté les lieux pour le lendemain midi.

L'oncle de Madec veut faire du  «  buzz » pour émouvoir le monde. Pour cela, il faut :1 de l'argent, 2 de la notoriété.Il va contacter, par l'intermédiaire d'une amie, Yannick Noah ( note: Tennisman et chanteur français, personnalité préférée des Français).
Il rejoint sa soeur en Italie. Devant les journalistes, il déclare : « Je suis le porte-parole de la famille Macand ».

Laurence n'en croit pas sa chance quand on lui apprend que les plongeurs n'ont ramené que le corps de Simone Cazzi.

ch.21

Les Macand ont emménagé dans un nouvel hôtel. Lors de l'inventaire, le directeur de l'hôtel précédent a signalé l'absence de la fourchette à viande. Laurence l'a pris de haut, affirmant qu'elle n'était pas là lors de leur arrivée. Stéphane a jeté un gros billet aux pieds du directeur qui demandait son remboursement. Laurence a apprécié la noblesse du geste.

Ron a passé avec sincérité le test du polygraphe. Andréotti est de plus en plus persuadé de son innocence mais sa hiérarchie, au niveau ministériel, commence à faire pression. Il le fait donc placer en détention provisoire.

Yannick Noah a enregistré une vidéo avec le texte que Tony lui a envoyé. Tony est très satisfait du résultat. Le chanteur tourné vers la caméra dit:
«  J'arrête de chanter un instant pour cet enfant. Cet enfant qui s'appelle Madec. Cet enfant qui a disparu. Juste un instant pour lui. Parce qu'il faut le retrouver. Parce que, ensemble, on peut faire des miracles. N'oubliez pas: juste un instant. Pour Madec Macand . »
Mais la vidéo a peu de succès. Par contre, un article d'un journal satirique, publié sur le Web, connaît un gros succès. Il est intitulé :
« Quand Noah démago se prend pour Colombo. »
Laurence est furieuse de ce ratage.


ch.22

Les Macand décident alors d'enregistrer un message improvisé avec leur caméra, en contre-jour, avec un plan qui creuse les visages. Ce message a beaucoup de succès sur le Web.

Pendant ce temps, dans un salon doré, en France, le jeune ministre de l'Intérieur qui fait beaucoup parler de lui, repose le journal Le Figaro et pense que c'est une bonne occasion de redorer l'image de la police française à l'étranger. Il décide d'envoyer un de ses meilleurs inspecteurs en Toscane.
(note: en 2002 et 2003, le ministre de l'Intérieur était Nicolas Sarkozy)

Au moment où, sur le conseil de Tony, les Macand vont désactiver leurs téléphones français pour prendre un abonnement italien, le téléphone de Laurence retentit : c'est une communication du ministre de l'Intérieur. Pendant les cinq minutes de conversation, le ministre s'est posé en père.
« Il l'avait rassurée, en s'engageant personnellement,à ce que tout soit mis en oeuvre pour lui rendre son fils. »
Il a été si convaincant que pendant quelques secondes Laurence a espéré retrouver Madec.

L'inspecteur français Jacques Braconnet est accueilli sans enthousiasme par Andréotti qui anticipe une charge inutile de travail, d'autant plus, qu'à la demande expresse du ministre, des journalistes accompagnent partout la police française. Braconnet explique aux Macand qu'un plan Alerte Enlèvement aurait dû être déclenché. Cela n'affecte pas Andréotti car s'il ne l'a pas déclenché, « c'est qu'il ne l'avait pas jugé nécessaire. Son instinct lui suggérait que la vérité se cachait ailleurs. »
L'inspecteur français souhaite une reconstitution ce qui paraît impossible à Laurence qui a effacé tout le décor de cette soirée, de sa mémoire.

Place Beauvau ( note : siège du Ministère de l'Intérieur), le ministre repense à la vidéo des McCann vue au journal télévisé de TF1 ( en regrettant d'avoir oublié d'appeler le présentateur pour lui souhaiter son anniversaire):
« Dans leur désespoir, les Macand semblaient unis. Comment se prénommait leur fille? Avant son enlèvement, cette petite Madaine ( il retenait mal les prénoms originaux) devait être heureuse. »

Stéphane, qui essaie de gérer son absence à l'hopital, appelle les Josserand pour les informer du désir de l'inspecteur français de faire une reconstitution. Leur trajet sera payé et cela ne durera pas longtemps. Fabien donne leur accord, si c'est bien pour Madec.
Stéphane annonce la nouvelle à Laurence qui revient de chez le coiffeur (« regarde ma tête, j'ai honte de passer à la télé").La seconde suivante, son épouse le gifle. Pris d'une rage soudaine, il frappe violemment au visage sa femme qui s'évanouit.

ch.23

Après avoir repris connaissance, Laurence qui n'en veut pas à son mari, ( et a même plutôt aimé cela) pleure avec lui. Refaire de façon fictive les gestes de la soirée fatale, c'est au-dessus de ses forces.

Pour prendre l'air, Laurence va sur des rochers au bord de l'eau.
Elle ne s'est jamais épanouie dans sa vie, son mari, en dépit de sa bonne volonté, n 'a pas compris ses attentes.

Elle repense à sa vidéo: « Elle n'était pas célèbre, mais elle était connue. C'était comme exister davantage. » Elle a appris de Tony les règles essentielles du média training : « gérer le silence...résumer des faits, placer ses éléments de langage ».La règle d'or, en communication de crise , étant de « répéter en boucle, robotiquement, les détails concrets – et rien que les détails concrets ( date, heure, lieux, noms) ».
Elle se rend compte alors que depuis le début de la journée,elle n'a pas encore pensé à son fils.


Andréotti a rencontré une jeune femme qui désire fonder un foyer avec lui. Vu l'état du monde et les contraintes de son métier, cela ne l'enthousiasme guère. Dans le journal local, il lit un fait divers: un baigneur s'est blessé au pied avec une fourchette à viande. Le journal somme la population locale de prendre garde aux objets abandonnés dans la mer. Et Andréotti déplore que , dans un journal, on puisse accorder autant de place à une égratignure sur une plage, un fait aussi insignifiant.
Ah, « depuis Berlusconi, la situation s'était bien dégradée... »


ch.24

La situation financière des Macand pose problème. Le séjour coûte cher et Stéphane n'est plus payé. Comme Tony a organisé une conférence de presse, ce sera l'occasion de lancer un appel aux dons.

Laurence, qui est sortie par l'arrière du bâtiment où sera organisée la conférence, avise sur le parking une jeune journaliste seule et désoeuvrée dans sa voiture. Elle demande à lui parler en privé, et une fois dans le véhicule , elle chuchote : « La police sait qui a tué mon fils. »

Dès 16 heures, une riche vieille dame de Versailles ( note : Liliane Bettencourt), fait un chèque de 50 000 euros, chèque qui sera versé à une association loi 1901, créée trois jours avant en urgence : « Retrouvons Madec »

Stéphane est furieux car il vient de voir avec Tony le reportage de France 2 de 13 heures qui a annoncé que "Fabien et Sylviane figuraient  parmi les principaux suspects dans la disparition (et probablement la mort) de Madec. Une enquête était en cours à leur sujet. »
Il téléphone la nouvelle à Laurence qui s'exclame :  « on nage en plein délire! »
Et elle se met à réfléchir:
« La mécanique fonctionnait. Dans quelques heures, les Josserand auraient forcément visionné le reportage. Ils s'indigneraient qu'on les accuse. Ils porteraient plainte pour diffamation. Et se braqueraient. En excluant bien sûr de participer à la moindre reconstitution. L'inspecteur Braconnet renoncerait à son idée infernale. »
La nature est bien faite, songe Laurence soulagée, savourant presque le moment: la perte d'un enfant s'accompagne d'un tas de démarches et de désagréments épuisants mais qui font tout de même oublier un peu le chagrin de la perte elle-même.

ch.25

En dépit des réticences des Macand qui trouvent cela assez déplacé, Tony insiste pour organiser un buffet pour les journalistes de la conférence. Laurence a obtenu , pour le principe, qu'il n'y ait pas d'oeufs de lump car les invités risqueraient de prendre cela pour du caviar.
Tony affirme que s'ils sont bien nourris, ils feront des articles plus longs.
Les journalistes, bien que surpris, se précipitent sur la nourriture et le champagne. « Tout le monde bouffe et s'arrache les restes. Il y a des blessés. » Stéphane, outré par ce comportement, brise le verre d'un journaliste qui exigeait une quatrième coupe de champagne. Laurence l'entraîne dans une autre pièce et le remet vertement à sa place en ironisant sur le peu de sobriété, d'habitude, de son mari. Il s'excuse.

ch.26

La conférence, relayée par des journalistes de quatorze nationalités différentes, connaît un grand succès. Les dons affluent. A minuit, il y a 300 000 euros de promesses de dons. Tony se charge de la répartition des fonds : les passages télé en prime time étant trop chers, « il opta pour une communication en PQR et PQN, et affichage sur le mobilier urbain » ( note : en terme de communication, PQR=presse quotidienne régionale PQN=presse quotidienne nationale)
Il contactera aussi des graphistes et des régies publicitaires.

Comme prévu, Sylviane a porté plainte contre France télévision. Elle appelle Laurence pour lui demander ce qu'il faut faire des garçons dont elle ne veut plus assumer la garde, vu les circonstances. Sur un ton assez froid et après avoir consulté les sommes du fonds disponibles, Laurence l'informe qu'une éducatrice de la paroisse viendra les chercher. La conversation terminée, « la mère de Madec se rendit compte qu'elle n'avait jamais aimé Sylviane. Qu'au premier revers, cette grosse vache lui était devenu étrangère. Etait-il possible de se lier d'amitié avec une personne laide physiquement? »

Le ministre, de son côté, s'indigne de la faute commise par les journalistes. Il décroche son téléphone et deux heures après, le CSA émet un blâme à l'encontre d'Antenne 2 pour son reportage mensonger. (note: CSA = Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, dont le président est nommé par le gouvernement mais qui est indépendant...).
De retour chez lui, il essuie une violente colère de son épouse qui lui reproche ses infidélités trop voyantes, lui dit que c'est pas parce qu'il peut « faire émettre un putain de blâme du CSA » qu'il en est plus viril.

ch.27

Le ministre est fier d'avoir pu obtenir du Pape qu'il s'intéresse aux Macand. Son service de
communication renseignera la rubrique « Indiscrets » des magazines sur le rôle qu'il aura joué dans l'obtention de cette entrevue.

La jeune journaliste de France 2 a été suspendue et l'affaire sera jugée en référé.(note :
Le référé est une procédure permettant de demander au juge qu'il ordonne des mesures provisoires mais rapides tendant à préserver les droits du demandeur.)
L'avocat des Josserand demandant 230.000 euros de dommages et intérêts, Laurence estime qu'ils pourraient la remercier car, sans rien faire, ils vont gagner beaucoup d'argent grâce à elle.

C'est alors que le site internet d'un journal d'investigation publie un article accompagné d'un enregistrement clandestin:

« SCANDALE AU CSA
Quand les parents Macand tirent les ficelles des médias. 
On entendait alors la voix de Laurence, brouillée par des frottements. La mère de Madec chuchotait: « c'est de vous à moi-mais nos amis Josserand, qui sont interrogés en France, seraient à l'origine de la disparition de mon fils...Il serait mort. La police sait qui a tué mon fils. »

Dans son bureau, le ministre n'est pas content, mais pas du tout:

« -A chaque fois qu'on veut être sympa, ça se retourne contre vous.
-Vous avez pris la bonne décision monsieur le Ministre.
-Qu'est-ce que cette tarée avait besoin de raconter des conneries à la première caméra venue?
-On ne sait pas encore. Nous cherchons à la contacter.
-Je passe pour qui avec Carolis (ancien président de France télévision) , Interpol et le CSA ?
-Ca n'a rien à voir avec vous.
-Je vous rappelle que j'ai prévenu le Pape: ça devient mondial leur affaire.
-C'est peut-être un faux monsieur.
-Vous savez que non, lâcha-t-il excédé. Les services l'ont analysé
-Oui, mais pour le reste du monde, c'est encore peut-être un faux. Personne ne l'a authentifié.
-Vous êtes sûr de ce que vous dites? Demanda le politicien après un silence habité.
-Je crois qu'il faut jouer cette carte monsieur le Ministre. »

Tétanisée, Laurence a fini par décrocher son téléphone. C'est encore le service de communication du ministère de l'Intérieur. On lui affirme qu'on sait que c'est un faux, que le ministre la soutiendra « dans son combat pour la vérité ». La voix répète:
« un message, vous n'avez qu'un message à faire passer,qui est aussi le nôtre, madame Macand-ce document est un faux. »
Confrontée, pour la première fois depuis la mort de Madec, à la réalité du monde, Laurence s'enferme dans les toilettes. Tony lui a surtout reproché de foutre en l'air la crédibilité de leur image de marque. Stéphane l'a scrutée comme une ennemie.
Et elle se prend à songer que la vie n'est qu'un jeu, « le seul jeu dont le but est d'en connaître les règles. »

ch.28

Tony a loué une Mercedes pour aller voir le Pape.
Dans la confortable voiture, Laurence pense à l'enregistrement clandestin : «  Il n'y avait décidément plus d'éthique dans la profession de journaliste. Tout ça pour des pourcentages d'audience ». Heureusement que, pour une raison inconnue, le gouvernement l'a soutenue.
Ils attendent, dans un petit salon, la fin de l'allocution du Pape.
Laurence, dit sèchement à son mari qui prie sous un crucifix, de « cesser ce cirque ».Une escorte vient chercher les Macand pour les emmener au Très Saint-Père.
« Chemin faisant, Laurence sortit de son sac à main une bombe de laque Elnett pour cheveux secs et abimés. »

Le Pape est vieux et fatigué. Il y voit mal. Il harangue la foule, du balcon dominant la place Saint-Pierre. Lorsqu'il se retourne, son conseiller spécial, Comman, lui présente la photo de Madec et ses parents et lui rappelle qu'il est convenu, avec le gouvernement français, d'en parler tout à l'heure.
Le Pape se retourne vers la foule pour son homélie finale. Il présente à la foule, non la photo de l'enfant, mais le fax et à l'envers. Un conseiller le met respectueusement à l'endroit:

« Questa ragazza è sparita. Piccola Madic è stata sottratta dall'amore dei suoi genitori » ( note:Cette petite fille a disparu. La petite Madic a été soustraite à l'amour de ses parents).
Le conseiller murmure quelques mots à son oreille. Le Pape se corrige:
« Piccolo Madec è stato sottratto dall'amore dei suoi genitori. Che Dio ci aiuti a ritrovarlo, con il vostro aiuto a tutti. » (note: Le petit Madec a été soustrait à l'amour de sa famille, que Dieu lui vienne en aide ainsi que vous tous.)

L'instant d'après, les Macand se retrouvent dans leur voiture. Laurence est déçue. Le pape s'est contenté de lui tendre une main molle, sans même la regarder.
Pendant le trajet, Laurence reçoit un appel du ministre. Elle le remercie et il lui dit que la police italienne « va activer le turbo ».L'enregistrement clandestin n'est pas évoqué.
Laurence sent, pour la première fois, le cynisme l'envahir: « Il avait suffi que quelque chose dérange
pour que la chose disparaisse. La sincérité est humaine, pensa-t-elle, mais la politique, c'est de la finasserie. »



ch.29

Il arrive parfois à Laurence, l'espace d'un instant, de croire que Madec a réellement disparu mais est vivant.

Moins de deux semaines après l'appel du Pape, les dons s'élèvent à plus de trois millions d'euros. Stéphane a exigé le recrutement d'un comptable professionnel. En effet, comme « l'erreur est humaine », Il ne veut pas courir le risque d'être poursuivi par le fisc lors de son retour en France.

Quarante jours ont passé pendant lesquels Andréotti a consacré toutes ses pensées à un enfant qu'il n'a jamais connu. Un jour , il a même imaginé:
« Et s'il n'avait jamais existé? Ce serait une belle pièce (à la Pirandello)".Il éprouve soudain de la lassitude en pensant aux centaines d'affaires qu'il a vu défiler dans sa carrière. Et s'il avait un enfant avec son amie Venezia?
C'est alors qu'il reçoit un appel du directeur de la prison : Ron Murdoch désire lui parler de toute urgence.

Tony a décidé de verser presque toutes les sommes de l'Association à diverses agences de détectives privés « qui disposaient souvent de moyens supérieurs à la police ». Quatre sont choisies, « dont la
prestigieuse Control Risks group, qui avait enquêté sur la mort de Lady Di »
Tony veut aussi avoir recours à la voyance pour retrouver Madec. Mais pas une simple voyance, une agence complète qui sortira le grand jeu: « lecture dans le cristal,dans le marc de café, tarot, tirage de cartes, pendules, télékinésie, hypnose-et même déchiffrage au sang. C'était un programme sérieux. »

Stéphane n'en revient pas du prix exorbitant réclamé. Bien sûr, c'est ennuyeux d'avoir à répéter éternellement les mêmes choses, mais au moins, « ce sont des hommes complaisants, et portant des costumes sur mesure. »
Depuis la violente dispute avec Laurence, il se réveille en sursaut chaque nuit, à côté  de Laurence qui dort, en criant : « je l'ai tuée! ».
Il se souvient de son enfance dans un milieu aisé et froid et de ce jour fatal où la voiture conduite par le chauffeur personnel de son père a été victime de l'accident qui a causé sa cicatrice.
Le chauffeur, distrait par une jolie rousse sur un trottoir de Pigalle, avait grillé le feu rouge.
A l'hôpital, Stéphane s'était regardé dans le miroir:
«  Face à son visage déchiré puis recousu,Stéphane avait pris deux décisions; ne plus jamais aller à Pigalle; devenir chirurgien. »

ch.30


C'est en regardant un reportage à la télé que Murdoch a reconnu en Laurence la conductrice qu'il avait aperçue au volant d'une voiture dans la résidence la nuit du drame. Ainsi Andréotti peut boucler le bec à ses collègues du commissariat, un peu jaloux de sa médiatisation, en leur expliquant « que le principal suspect venait d'incriminer la mère de l'enfant. »

Stéphane a envoyé une bouteille à la tête du journaliste qui lui a demandé s'il confirmait l'information selon laquelle Murdoch aurait vu Laurence, le soir de la disparition, pénétrant dans la résidence de l'extérieur, élément absent des multiples déclarations de Laurence. Il se demande pourquoi, alors qu'il va sortir de prison, faute de preuves, Murdoch professe une chose fausse.

Feignant d'abord l'ignorance, puis confrontée à Murdoch qui la reconnaît formellement, Laurence, qui a eu le temps de réfléchir à un alibi dans la voiture, affirme qu'elle est bien sortie de la résidence mais avec son mari pour aller chercher des concombres à son fils. Mais Murdoch est sûr de lui:

« Il affirma qu'elle se trouvait seule dans la voiture-qu'il en était certain. Laurence détourna les yeux et déglutit. Tony en profita pour se lever, et exiger de mettre un terme à cette grotesquerie. Il tendit à Andréotti les coordonnées sur Bristol de ses avocats. C'était pratique, pensa-t-il, l'argent. Laurence et son frère quittèrent sans se retourner la salle de visites. Immédiatement, l'inspecteur dégagea un téléphone de sa poche pour contacter la brigade scientifique.
Il avait un monospace de marque française à passer au peigne fin. »

Murdoch , lui, a compris que sur Laurence pesait, comme sur lui , le lourd poids de la faute.

ch.31

« Laurence ne possédait plus son mari. Chaque fois qu'un journaliste s'approchait d'elle, Stéphane allait vers le journaliste avec un air bravant. Il hurlait en anglais: « Leave her alone !» et faisait mine de frapper. On le savait maintenant capable de violence. Les images de ces esclandres, diffusées partout sur le web, étaient désastreuses pour le plan communication. Une application iphone proposait, exercices à l'appui, de s'entraîner à acquérir un aussi mauvais accent français que Stéphane Macand. »

Laurence implore Stéphane de se modérer, d'autant plus que les premières analyses de la 807 n'ont rien donné.

Andréotti confie à Venezia qu'il est sûr de la culpabilité de Laurence Macand. Il a envie d'avoir un enfant, mais surtout « l'envie d'offrir à un fils une mère qui ne ressemblerait jamais à celle de Madec. »

Il n'y a rien de bien concret du côté des enquêteurs privés, excepté une piste au Maroc « qui dévoilait la photographie d'un touriste, dans le fond de laquelle on apercevait, sur le dos de la paysanne voilée , un visage pouvant être celui de Madec. La police locale avait été avertie, les recherches étaient déjà en cours. Tony avait réuni sa soeur et Stéphane pour leur présenter le cliché. Le tirage était de piètre qualité- et le visage possible du fils, égaré dans un flou agreste. La ressemblance était manifeste, mais il était impossible de confondre Madec avec certitude. »

Andréotti évite de plus en plus ses collègues. Il ne supporte plus d'interroger Laurence Macand car « elle minaudait en permanence et lui faisait perdre un temps précieux. »

Laurence doit reconnaître que son frère, pour la première fois , a été efficace ( même s'il se préoccupe plus de la présence des caméras que de la disparition de Madec). Le monde entier parle de Madec, elle est devenue une "people", ce qui l'étonne. Elle gère chaque jour le dossier de presse transmis par une agence spécialisée. Et lorsque Stéphane se prend à rêver de faire carrière dans l'implantation des pacemakers, elle lui dit qu'elle doit « se remettre à avancer sur les papiers ».

ch.32

C'est avec distraction que Laurence répond à l 'envoyée spéciale de Paris Match :
« Non, pour la photo, il faudra prendre attache avec Tony Legendre, notre porte-parole, qui s'occupe des droits de diffusion...Oui Madec avait de bonnes notes. Mais vous savez il était en CP...
Tant qu'il n'est pas mort, on y croit encore. C'est grâce à cette lumière qu'on avance dans le tunnel »

En effet, elle a été bouleversée, lorsqu'elle est sortie,par sa rencontre avec un chien qui lui a rappelé cette promenade au bord de la mer ...Madec s'était précipité, sans l'écouter, vers un gros chien attaché et qui grognait férocement. Avec une impuissante horreur, elle avait vu le chien sauter sur l'enfant pour....le lécher et jouer avec lui. Il n'avait pas du tout eu peur et elle s'était demandé si ce gamin n'avait pas un pouvoir spécial, comme Harry Potter.

Puis des idées se pressent de façon incohérente dans la tête de Laurence. Tout se brouille et elle s 'évanouit.

ch.33

Murdoch pense à son enfance d'enfant violenté par son père, sur la vie qui distribue au hasard le bonheur et le malheur.. Il a hâte de retrouver son appartement de Londres. Magnus reviendra certainement, ils se retrouveront....

Quelque part en Angleterre, le long d'une voie ferrée, marche Magnus qui a tourné la page.



ch.34

Laurence se réveille à l'hôpital. Elle a dormi quarante heures. A son chevet, il y a Stéphane, Tony,furieux contre la journaliste qui a profité du malaise de Laurence pour la prendre en photo et...l'inspecteur Andréotti qui s'approche de son lit:
« Nous avons retrouvé son sang dans le coffre de la voiture. Nous savons tout. Maintenant madame Macand, il va falloir coopérer ».
La rage envahit Laurence:
« De quel droit ce minable flic usait-il d'un ton pareil? Avec elle, le chantage n'avait jamais marché...D'un seul regard, qui fonctionna, elle démentit tout. »

C'est la seconde brigade scientifique, dotée d'un matériel de dernière génération, qui a prélevé des traces d'hémoglobine dans le coffre de la 807. « Les analyses étaient formelles: c'était bien le sang de Madec »

Tony s'est déjà beaucoup agité pour menacer les journalistes de poursuites judiciaires en cas d'article non fondé, pour minimiser l'interrogatoire, pour affirmer que Laurence n'était pas incriminée.

Andréotti a gagné un point en disant que Laurence figurait parmi les suspects et que sa déposition restait approximative:
« Nombre de tabloïds avaient emboîté le pas ( les profits d'une survente valant le risque de perdre d'éventuels procès en diffamation.) . Dans toutes les langues d'Europe- et, bientôt, dans toutes celles du monde, on pouvait lire, avec le même et universel point d'interrogation ( ces torchons étaient bien conseillés):

LA MERE COUPABLE?"

Les commentaires et les analyses les plus farfelus ont envahi les médias, à l'image de ce post douteux non filtré par le Monde:« Le nom de Macand n'est-il pas la francisation du patronyme israélite Makanski? Ce qui expliquerait bien des choses, parce quand il y a de l'argent... » ce qui a entraîné une protestation des associations juives. Un écrivain en géopolitique a même écrit un article replaçant l'affaire dans le cadre du conflit israélo-palestinien, entre autres.

Tony cherche d'urgence une nouvelle stratégie:
« Cela sentait mauvais. Lorsque le peuple même n'y croyait plus, la guerre était perdue. Il fallait re-sensibiliser les gens. Désemparé, Tony projeta un instant d'organiser le suicide manqué ( et factice) de sa soeur...il enjoignit Laurence et Stéphane de ne plus sourire d'un iota face aux caméras- et si possible d'essayer de craquer en public....Concernant la police : maintenir le silence. Car après tout c'était vrai-on ne savait rien. L'accusation d'Andréotti ne reposait que sur le témoignage d'un pédophile avéré, et une microscopique tâche de sang ( qu'à n'importe quel moment Madec avait pu engendrer en se blessant superficiellement dans la voiture.)"

La mère de Madec est placée, à l'hôpital sous protection policière, « des manifestations avaient éclaté à Milan( réclamant la condamnation della madre infanticida. )»
Elle envisage de passer aux aveux:
« On la pardonnerait bien. Qu'avait-elle commis de si répréhensible? Mais alors la mère s'était souvenue du Pape. De Yannick Noah. Du ministre. Et de Stéphane, le soir de la disparition. Tout ce monde, à commencer par son mari, évoquait Madec vivant. Si bien qu'au bout du compte, elle finissait par les croire. Ne subsistait qu'Andréotti, qui-elle en était persuadée-savait la vérité. Si cet homme avait vraiment compris,que lui voulait-il au juste? »

C'est le ministre de l'Intérieur qui sauve le coup et trouve la solution. Il fait une déclaration publique en faveur de Laurence, fustigeant l'Europe qui accuse la victime « avant d'avoir puni les coupables . » L'humiliation faite à une mère est « intolérable ». La police française n'a rien trouvé qui accrédite la thèse des policiers italiens, qui feraient mieux , d'ailleurs, d'enquêter « d'abord »sur le fonctionnement de leur propre démocratie.
L'allocution a été brillante, dès le lendemain les journaux français virent à nouveau leur cuti, la presse italienne crie au scandale, en oubliant presque Laurence.

Le lendemain aussi, le directeur de cabinet du ministre répond froidement à Stéphane, qui veut remercier le ministre, que ses services ne souhaitent plus les entendre. C'est ainsi que se termine la coopération d'un ministère « suffisamment compromis dans une affaire poisseuse. »
S'estimant trahi, Stéphane décide de rentrer à Granville.

« Partant de l'honorable principe que, contrairement à l'erreur tout court, l'erreur du tribunal était inhumaine, la justice italienne n'estima pas les charges ( assemblées dans une pile de dossiers multicolores contenant huit mille pages de documents) retenues contre Laurence Macand, suffisantes pour lui interdire de quitter le territoire national. La mère s'était souvenue, par ailleurs d'une blessure de Madec. Il cherchait son goûter dans le coffre et s'était éraflé le pouce sur la raclette dégivrante. Il y avait eu du sang sur le pouce; et sur le revêtement du coffre. »

Venézia a calmé Andréotti. Elle pense qu'elle va avoir un fils.
Les collègues d'Andréotti ont moqué « son échec final, la fièvre médiatique réitérée, les faux espoirs pour aboutir encore une fois au silence. Le bluff ne pouvait pas marcher à tous les coups. Même le chef d'Andréotti avait téléphoné, l'accusant d'avoir inculpé la mère per lo specttacolo, ( note:pour le spectacle) sans preuves suffisantes."

Peu à peu, Paolo n'a plus accordé d'importance à ces critiques. Il a décidé en secret de mettre en scène une pièce de théâtre de Dario Fo : « Morte accidentale di un anarchico ». L'auteur, Dario Fo, qu'il avait rencontré en 1986, lui avait livré un conseil :
« Non dimenticare di vivere la tua vita. »,
(n'oublie pas de vivre ta vie.) »


Fin de la deuxième partie


ch.35

Sur le chemin du retour, Laurence repense à une jeune femme qui lui ressemblait physiquement dans le film Kill Bill et qui avait tué Bill avec une prise d'art martial qui faisait exploser le coeur en cinq secondes . Le vieillard avait eu le temps de faire quelques pas avant de mourir.
Laurence se demande :  « Combien de pas supplémentaires Madec avait-il consenti à lui accorder? »

Avant de partir, ils ont rendu la Mercedes et repris leur voiture qu'Andréotti avait gardée le plus longtemps possible en multipliant les analyses. Au moment du départ, le regard de Paolo a croisé celui de Laurence qui a plissé le front comme pour se défendre.
En démarrant, Stéphane a appuyé par erreur sur l'auto-radio qui a diffusé à pleine puissance une version de My way par Nina Simone:

« La musique s'imposa dans l'habitacle comme un passager supplémentaire...Regrets, I've had a few. But then again, too few to mention. I did what I had to do and saw it through without exemption. Sur son siège,Laurence tenta d'accroître la contenance de sa cage thoracique, tant l'émotion l'étouffait. Il y eut des carillons débordant de gaité, puis douze accord successifs des claviers( qui lui firent chacun l'effet d'une syncope). And more,much more than this, I did it my way.

Ils arrivent chez eux. Pour Laurence, qui a perdu douze kilos, c'est comme si elle remontait le temps. Ils s'arrêtent devant la grille du jardin:
« L'image était surnaturelle. Une montagne de colis, de paquets cadeaux et de bouquets de fleurs fanées obstruait l'entrée. Dans cet amas, on trouvait pèle-mêle des lettres plus ou moins aimables, quarante bibles,vingt-sept corans
( dont un en indonésien), des peluches bigarrées, une centaine de photographies de garçons roux peu analogues à Madec, des journaux, des coupures de presse, des chrysanthèmes, et une infinité de gribouillages d'enfant. Le monde entier avait  envoyé à Granville  des offrandes-comme si les Macand constituaient une sorte de famille divine-. »

Stéphane décide de tout brûler, à part les courriers qui peuvent contenir des indications pour l'enquête. Il n'a pas osé brûler cependant une poupée Barbie: « Barbie bonne-soeur (coiffée d'une cornette, vêtue d'une cape noire) »

Ils trouvent un courrier du tribunal de Nantes qui les informe qu'ils ne seront pas poursuivis dans l'affaire de l'accident de Mme Prêle. L'arrêt du tribunal restera un modèle pour tous les étudiants en droit:
« Le tribunal réaffirme par la présente le principe selon lequel un individu ne peut être déclaré responsable d'un dommage causé indirectement par le fait des personnes dont il doit répondre, lorsqu'une tierce personne, réputée responsable, a mis en péril sa propre sécurité afin de sauvegarder, sans y être rationnellement incitée, celle potentiellement engagée, de la première ( engageant par là même le caractère indirect du dommage)."
Laurence se félicite de ne pas avoir fait des études de droit comme son père le désirait.

On sonne. A la porte se trouve une étrange adolescente au look cinquantenaire , Fanny, que Madec aimait beaucoup,et qui semble à chaque visite vieillir de plusieurs années. Elle tombe en larmes dans les bras de Laurence: « il avait juré de se marier ensemble. » Laurence repousse posément l'adolescente:
« En rien ,sa douleur ne pouvait être égale à celle d'une inconnue. Elle n'avait pas le droit. Malgré cela, la soeur de Tony se fit une remarque, qui l'émut excessivement: C'est la première fois que quelqu'un pleure Madec. »

( note sur "Fanny": La Mort est appelée « la faucheuse » et faner signifie couper l'herbe sèche, faire perdre aux choses et aux êtres leur fraicheur. Fanny dit que Madec voulait se marier, non avec elle-même, comme il serait logique, mais avec lui-même. On peut peut-être en déduire que Madec aimait beaucoup la mort et voulait la rencontrer. C'est le sens aussi de l'épilogue)








ch.36

A Vladimer et Antonin qui demandent quand leur frère va rentrer, Stéphane explique que Madec ne reviendra pas tout de suite.
Laurence a décidé de reprendre leur éducation en main et congédie leur nurse:
« Et si la disparition d'un fils pouvait servir à l'éducation des deux autres, les Macand n'auraient pas souffert pour rien. »

Tony a profité des fonds de l'association pour louer, à Paris, des bureaux , dans lesquels il s'est installé un couchage . Il parade dans les bistrots en se donnant le beau-rôle dans les recherches entreprises. Laurence l'imagine, ramenant parfois une jeune admiratrice, un peu ivre, chez lui:
« Parfois Tony devait lever quelque jeune femme alcoolisée, la conduire au bureau, l'étendre sur les dossiers de presse et les photos éparpillées--la baiser sur Madec. Laurence commençait à aimer son frère ( à le trouver touchant). »

A Granville, les habitants dont l'opinion envers les Macand a fluctué au gré des différentes péripéties de l'enquête, sont maintenant aux petits soins pour eux. Cela les insupporte souvent, surtout Stéphane qui déplore qu'aujourd'hui, seule la célébrité compte, même si ce n'est pas pour une bonne raison. Il pense que la célébrité rend petit. Ils sont malgré eux mis sur un piédestal , cela leur donne du pouvoir mais cela creuse un fossé entre eux et la population.

Le quotidien reprend son cours, Stéphane s'enthousiasme pour un projet de pacemaker. Laurence, quant à elle, envisage comme un supplice de retrouver son travail si monotone.
La veille, un tsunami a ravagé une partie de l'Asie. Le site en anglais de Find/Madec.com a été réactualisé. Tony a envoyé un email annonçant une opportunité de rencontrer Mick Jagger:

« C'était donc ça, l'ennui. »



« Une semaine plus tard, Laurence fut momentanément sauvée ( distraite) par Ron Murdoch. Elle n'avait pas repris l'hôpital, s'était surtout occupée de la maison. L'après-midi, elle passait plusieurs heures à actualiser les dossiers d'enquête. Elle avait enfin trouvé le temps de déballer son épilateur définitif commandé sur Internet juste avant le départ..."
C'est à cet instant qu'elle reçoit un appel de l'inspecteur Braconnet. Elle l'a quasiment oublié. "Un brave homme -clairement inefficace, qui a réussi dans la police grâce à un sens aigu du service public".
« A aucun moment Braconnet n'avait suspecté Laurence. Et aujourd'hui, la voix réservée, il téléphonait pour annoncer le suicide de Murdoch. Dès sa relaxe (et son retour en Angleterre), le principal suspect s'était jeté sous un train à Saint-Pancras -paralysant la gare pendant quatre heures. L'instant d'avant, il avait téléphoné à son petit ami, un certain Magnus Beretta. La conversation n'avait pu être enregistrée -mais Beretta avait contacté la police. Murdoch était passé
à table. Je suis ennuyé de vous dire ça comme ça. Viol. Meurtre. Etranglement. Et incinération du corps dans une poubelle ( corps qu'on ne retrouverait plus). Beretta réclamait un million d'euros -celui promis par Tony à tout individu concourant à retrouver Madec. »
Laurence éclata en sanglots.


ch.37

les relevés téléphoniques confirment l'information de Beretta. Le dialogue a duré une minute et onze secondes: « Il n'en fallait guère davantage pour confesser un meurtre, percevoir le silence de son correspondant, couper méthodiquement la ligne, se jeter sous un train. Sans effusion. Braconnet se réjouissait de cette confession -qui mettait un terme final à deux mois d'errance en Toscane. »

Dans son lit, Laurence imagine quelle a été la véritable conversation entre les deux hommes:
« Probablement l'aveu -celui du retour. Celui du renoncement. Une minute de silence; le rébus d'un aveu.
Alors les rails; et puis des hurlements. »

De son côté, Paulo est en train de mettre en scène sa pièce de théâtre.

Les Macand ont décidé de laisser la chambre de Madec « telle quelle -en attendant qu'il revienne. »
Mais, désoeuvrée ( elle s'est ennuyée, les caméras étant parties jusqu'au suicide de Murdoch qui les a ramenées devant la maison ), Laurence a décidé de ranger la chambre.
Une odeur de pourri provenant de sous le lit, Laurence se penche et découvre une boite en plastique. Qu'est-ce donc? C'est là que stupéfaite, elle reconnaît, desséché comme une pruneau, le cadavre d'un caméléon. Sa tromperie a fonctionné. On a oublié le caméléon et le caméléon est mort. Laurence est forcée de s'asseoir sur le tapis car ce reptile fait monter en elle le souvenir de quelque chose ou de quelqu'un:
«  Il fallut l'examiner de plus près pour comprendre. Tout résidait dans le regard. La ressemblance était patente:
On aurait dit le Pape. »

Comme aucun enregistrement ne peut confirmer le témoignage de Magnus, il a été décidé de lui donner un dixième de la somme promise. C'est déjà une belle somme, songe Laurence qui se prend d'affection pour le jeune homme:
« Avec son mensonge, il enfouissait le sien, sans porter de coup fatal à l'espérance. Une étoile, quelque part, pouvait luire pour Madec. »

Mais que faire des fonds restants? Laurence attribue à son frère la gestion de la Fondation Madec pour l'enfance, structure « qui subventionnerait les orphelinats serbes, dépêcherait des sacs de riz au Niger -et surtout, qui permettrait à Tony d'exister pour quelque chose. »

Stéphane connait le succès professionnel avec son pacemaker amélioré. Il retrouve la joie de vivre: « parfois même, il riait. »

Laurence s'interroge souvent sur la noyade de Madec:
«  Le Faucheur ( note : la Mort) semblait avoir réparé son échec de la veille. A l'asphyxie, il avait préféré le tranchant d'une fourchette. Que son fils avait-il pu faire à la mort pour l'attiser autant? »

A Noël, Laurence se sent sereine. Elle a décidé de ne plus exercer la médecine. Cela aura été l'année la plus éprouvante de l'année. Comme lui a dit une vieille patiente âgée, :  « on périt plus vite quand on ne vit plus. »

L'affaire Madec vient d'être classée par le ministère italien de la Justice:
« Consécutivement aux déclarations de Magnus Beretta, l'affaire Madec venait d'être classée. Le dossier pouvait toutefois être rouvert ( en cas de nouveaux indices ou témoignages). »
La lettre adressée à Andréotti, qui lui annonçait cette décision, a été jetée à la poubelle par son remplaçant qui dit qu'on n'a pas besoin d'un fainéant qui quitte la police pour jouer la comédie.



Et puis, il y a eu cette scène, « la plus importante peut-être depuis leur rencontre, entre Stéphane et Laurence. »:
Stéphane est en train de travailler sur un dossier internet. Chaque fois qu'il tape sur "enregistrer tout",le logo d'Antivir Max apparaît en clignotant. Stéphane appelle Laurence à la rescousse. Laurence s'approche et lâche son couteau à éplucher qui tombe sur le carrelage. L'effigie d'Antivir Max est un scorpion rouge! Et alors, le masque tombe et le visage de Laurence la trahit. Et alors, en un éclair, s'engouffrant dans la brèche, l'esprit de Stéphane saisit la vérité.
Il vomit sur le clavier.
A ce moment, il a le choix. En proie à l'effroi et la rancune, «  il choisit de sauvegarder son monde, plutôt que celui, trop large, de la réalité. »
Et un vide, qui équilibre tout, s'installe entre eux.


« Au bourdonnement électroménager de la cuisine se mêle l'écho invisible de Nina Simone. Alors Laurence pense -mais penser est un terme de surface- et il faudra un jour inventer un terme ajusté aux couches les plus enfouies du cortex – , elle pense: Tout cela pour un enfant que je n'aimais pas.

L'épouse de Stéphane se dirige mécaniquement vers le placard de l'évier pour en extraire une lingette Javel parfumée aux agrumes. »




Epilogue



« Tout en haut du placard, Madec distingue le scorpion. Un mouton de poussière enveloppe le porte-clefs. Madec est heureux. Sous le plafonnier, la fourchette à viande renvoie un éclat blanc. Lorsqu'il bande les muscles de ses chevilles, le petit garçon sent le couscoussier glisser sur le plan de travail. L'enfant s'immobilise. Il repense aux Kapas. Pourquoi on court. A chaque impulsion, la chaise de bar vacille. Le scorpion semble le regarder dans le fond des yeux. Les reflets bleus. Le nez de Julien. Madec se souvient qu'il est interdit de toucher aux ustensiles de cuisine. Il en ignore la raison. Une respiration. L'enfant disperse un peu plus son poids dans le vide. A présent, il tend le poignet. Absolument tout ( le couscoussier, l'enfant, la chaise de bar) se met à basculer. Madec n'agrippe pas la poignée métallisée du placard. »

Madec aime bien mourir"


Last edited by frencheuropean on Wed 22 Feb - 14:17; edited 4 times in total

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  dazedandconfused on Wed 8 Feb - 10:17

Very kind of you frencheuropean, but I'm afraid I'll have to wait for AnnaEsse, it's way too difficult for me in your language. I can only pick out the odd word.

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  AnnaEsse on Wed 8 Feb - 11:03

Thank you, frencheuropean. I'll get to the rest of this soon! Work keeps getting in the way of the things I like doing. If anyone fancies comparing the French with my translations and sees where improvements can be made, let me know. Always keen to improve!

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Sat 11 Feb - 10:09

Revue de presse:


Lechoixdeslibraires.com.




.. Belle famille

Auteur : Arthur Dreyfus
Genre : Romans et nouvelles - français




Le courrier des auteurs : 09/02/2012 Interview d'Arthur Dreyfus


1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un jeune homme passionné par tout ce qui se regarde de travers.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les millions de minuscules abdications de nos vies d'hommes.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Laurence pensa à Antonin, à Vladimir. Combien elle les aimait. Pour eux, elle prit une décision. Cette décision tenait en trois mots, qu'elle prononça à voix basse pour la toute première fois : Madec a disparu. "

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La petite fille de la mer, Vangelis.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un espace hors du temps.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Aucun rituel. Écrire quand on peut, c'est déjà beaucoup.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
En écrivant.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Non, c'est une série de hasards en dominos tombés les uns sur les autres.
9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
«Le Livre de ma mère» de Cohen et «Poil de Carotte» de Renard.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A élargir le monde.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Trop de place dans mon petit appartement.


La revue de presse Jean Contrucci - Le Nouvel Observateur du 19 janvier 2012


En stendhalien fervent, Arthur Dreyfus sait qu'un fait divers peut inspirer un grand roman. Il y faut le talent. Ce jeune homme (25 ans) surdoué (comédien, scénariste, animateur radio, magicien amateur et surtout écrivain) le possède...
Le romancier débutant y affirme une maîtrise et une personnalité qui lui sont propres, à un âge où on a surtout des modèles. Il croque les travers de la bourgeoisie de Granville (où l'affaire est déplacée) avec la férocité d'un Flaubert, l'obscénité de la société du spectacle avec l'ironie d'un La Rochefoucauld, les tics de langage et la futilité d'une époque où l'égoïsme est érigé en éthique avec l'oeil d'un sociologue qui aurait annoté «le Dictionnaire des idées reçues».

La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 5 janvier 2012


La distance qu'introduit la fiction par rapport aux faits réels tels qu'ils sont connus permet de prendre de la hauteur, de rejeter le tire-larmes au profit de la réflexion. En puisant aux sources d'un cas aussi sensible pour livrer un roman grinçant et souvent drôle, le jeune Arthur Dreyfus, 24 ans, fait un pari gonflé, et le remporte. La lecture de Belle famille pousse à s'interroger sur ce qui nous passionne tant dans la mise en récit de faits divers à sensations. Dans son bel essai Un jour, le crime (Gallimard, 2011), le psychanalyste et écrivain Jean-Bertrand Pontalis expliquait : le goût de ces histoires où se satisfont nos pulsions violentes rappelle notre nature de "criminels innocents".
Raphaëlle Leyris


■Les courts extraits de livres : 09/02/2012



Granville est située au bord de la Manche à l'extrémité de la région naturelle du Cotentin, elle ferme par le nord la baie du Mont-Saint-Michel et par le sud la côte des havres. Jadis la ville était fameuse pour son port morutier, devenu le premier port coquillier de France. On pourrait dire sans risque de se tromper qu'au moins le mitan du quinze millier de Granvillais tire bénéfice, de près ou de loin, du négoce des fruits de mer. Malgré cela, la plupart d'entre eux rechignent encore à se sustenter de coquillages (peut-être par peur de mordre la main qui les alimente). On ne compte plus les visiteurs de passage qui se sont frottés à cette énigme - dont la simple évocation suscite immédiatement, et pour une raison inconnue, de la gêne, un malaise, voire de l'animosité.

De pente très faible, l'estran de la côte granvillaise permet à des marées de plus de quatorze mètres de monter. Au début du siècle, et à plusieurs reprises, des enfants partis à la chasse aux palourdes ont laissé leurs familles en deuil. Si de tels drames ne sont plus à déplorer depuis quelques décennies, les propagandes maternelles n'ont fait que s'accroître, au point d'engendrer des générations hantées par un même cauchemar immense et salé. A l'école municipale, la leçon de Sergine Frêle sur le mouvement des marées prend chaque année la forme et la solennité d'un avertissement.
Au-delà du cours élémentaire de géographie, l'estran fait l'objet d'une bataille juridique décennaire. Lorsque l'eau se retire pour dénuder la grève, l'étendue de sable qui se révèle pourrait appartenir à tous ceux qui aiment y poisser leurs bottes. La Loi n'est pas si simple. Selon l'Hôtel de Ville, cette plage périodique demeure, en toutes circonstances, la propriété de la municipalité - et les petits trafics y afférents, un manque à gagner pour les finances publiques. Le maire ambitionne de taxer les couteaux, clams et soles ramassés à marée basse. Les pêcheurs estiment que l'estran dépend du «droit de la mer», qui n'impose pas leurs prises. Le reste des Granvillais, pour des raisons fiscales, est favorable au projet de la Mairie - excepté ceux dont les rejetons ramènent quelquefois, le dimanche, dans leurs seaux en plastique, une poignée de bigorneaux. Ceux-là se posent la question.




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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  Guest on Sat 11 Feb - 10:21

Non, c'est une série de hasards en dominos tombés les uns sur les autres.

Bientôt, tapasniks et autres. Très bientôt.

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Sat 11 Feb - 10:41

"L'effet domino" yes indeed.

When A.Dreyfus is asked to select the most significant extract of his book, he selects the sentence:


"Laurence pensa à Antonin, à Vladimir. Combien elle les aimait. Pour eux, elle prit une décision. Cette décision tenait en trois mots, qu'elle prononça à voix basse pour la toute première fois : Madec a disparu. "

( translation : "Laurence thought of Vladimir. How she loved them. For them, she took a decision. This decision was in three words she pronounced in a low voice, for the very first time: Madec vanished.")

This choice is very interesting because it's not particularly funny, brillant or well written. It has to be the main explanation behind the case: Laurence decided not to say the truth to protect the other children.
But why did she hide the corpse in the firt time instead of calling the emergency services? In the book, not to be confronted with a reality she couldn't accept.

Fiction of course...

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Mon 13 Feb - 15:31

One interview in French and after translated in a google English bit improved!


Carnets nomades. France Culture Interview d'André Dreyfus sur son livre « Belle famille »http://www.franceculture.fr/emission-carnet-nomade-les-coulisses-du-reel-2012-02-04





A.Dreyfus dit que le fait divers est un point de départ, mais qu'après, il s'écarte du réel, il a besoin de se lancer dans le vide. Parce que si on s'avance avec le livre dans le noir, on a plus peur.
Il est parti du fait divers de 2007 qui a été exceptionnel dans la mesure où on en a énormément parlé. La disparition de l'enfant a été en quelque sorte magique, dans le noir, personne n'a rien vu.
A.Dreyfus dit qu'il n'a pas voulu faire de recherches, ni lire des dossiers, il s'est renseigné au minimum. Il a construit une histoire dans sa tête, comme tout citoyen, à partir du bruit fait autour de l'affaire.
Il dit que ce qui est incroyable, c'est que les parents sont devenus des vedettes et qu'ils ont rencontré des gens célèbres, comme si on avait plus de chance de retrouver un enfant parce que des gens célèbres en parlent. Il trouve cela absurde. Et ce qui l'a intéressé, c'est qu'on brasse du vide, et comment on brasse du vide.

Son livre, c'est entre Colombo et « Psychose » d'Hitchcok. Parce qu'on a suivi l'héroine dans la douche et on ne sait plus qui suivre après sa mort. Comme Madec qui meurt au 1/3 du livre. C'est plus surprenant pour le lecteur. De même , avec Colombo, on sait tout de suite ce qui s'est passé et on se concentre sur la façon dont est faite l'enquête.
C'est pour cela qu'il préfère le roman noir au polar ( roman policier). Parce que dans le polar,on sait que l'auteur va essayer de nous attirer sur de fausses pistes et on se méfie. Dans le roman noir,on sait très tôt ce qui s'est passé et c'est l'enquête psychologique qui va intéresser le lecteur. C'est plus excitant.
La mère n'est pas coupable au départ mais elle le devient en cachant l'accident.
Madec est un enfant différent des autres, donne l'impression qu'il existe peu ce qui énerve sa mère car elle sent qu'il lui échappe. Il est l'égal de sa mère, il la domine même car elle, elle est liée par son rôle social. Finalement, elle se le réapproprie après sa disparition.
Madec et la mort sont proches mais ce n'est pas grave pour Madec, il attire la mort autour de lui, mais cette mort ne porte pas à conséquence. Peut-être parce que ( comme dans certains suicides d'enfant), il ne sait pas exactement ce que c'est.
Il y a des éléments de comédie dans le livre car , comme au théâtre, les parents et les enfants jouent un jeu de rôle mais le comique vient de ce qu'il y a un décalage entre ces rôles et la réalité.
Le livre est dur pour les mères. Pourquoi Laurence n'a-t-elle pas dit qu'elle avait trouvé l'enfant mort? Parce que, dit Dreyfus, elle ne peut accepter, au regard de la société, d'être la mère d'un enfant qui est mort car il a manqué de surveillance.
Elle ne se sent pas coupable, mais probablement, le lecteur ( et la journaliste qui l'interviewe) juge qu'elle est coupable. Pour Dreyfus, elle est surtout une victime un peu bête des convenances, élevée dans un milieu où elle n'a pas eu de choix, elle est devenue ce qu'elle devait être: une mère, une épouse, un médecin.
Le méchant, c'est le frère, Tony, qui a la vulgarité des médias, le goût des célébrités et qui utilise la mort de Madec pour satisfaire son goût des paillettes. Le père ne sait pas mais il se passe pour lui quelque chose à la fin du livre , dans les dernières pages...
Mais il y a d'autres personnages que le destin fait se rencontrer lors du drame qui noue leur existence
. L'inspecteur et le pédophile repenti. Dreyfus précise que ce dernier existe réellement, se trouvait non loin de là lors de la disparition, qu'il a été inquiété car il était le suspect le plus évident mais qu'il avait un alibi et n'était pas coupable.. Il y avait le coupable idéal, lui et le coupable impossible: la mère.
Le lecteur rencontre dans un livre des personnages qui vivent une histoire et s'évanouissent à la fin dans leur monde.
Dreyfus conclut en évoquant le monde de l'enfance qui est comme un coloriage: il y a toujours des parties blanches dans les dessins à colorier, et on peut rêver en les regardant, on n'est pas obligé de tout colorier. L'enfance est la seule période de la vie où on peut rêver tout le temps.






Carnets nomades. France Culture Interview with André Dreyfus on his book "Beautiful Family"

http://www.franceculture.fr/emission-carnet-nomade-les-coulisses-du-reel-2012-02-04





A.Dreyfus said that the news item is a starting point, but after it departs from reality, he needs to go into the void. Because if we advance with the book in the dark, we are more afraid.
He started from the piece of news in 2007. It was exceptional in that a lot of people talked about it. The disappearance of the child was somehow magical, in the dark, nobody saw anything.
A.Dreyfus said he did not do any research or reading files, it searched a minimum. He built a story in his head, like any citizen, from the fuss made over the case.
He says that what is amazing is that parents have become stars and they have met famous people, as if we had more chance of finding a child because famous people are talking about him. He finds it absurd. And what interested him, it was the vacuum and how people manage to deal with this vacuum.

His book is between Colombo and "Psychose" of Hitchcock. Because we follow the heroine in the shower and no one knows who follow after hes death. Madec dies as 1/3 of the book. It is more surprising for the reader. Similarly, with Colombo, we know immediately what happened and we focus on how the investigation is done.
That is why he prefers thrillers to detective (detective novel). Because in the thriller, we know that the author will try to draw us down the wrong path and you distrust him. In the thriller, we know early on what happened and it is the psychological investigation that will interest the reader. It's more exciting.
The mother is not guilty at first but it becomes so by hiding the accident.
Madec is a child different from others, he gives the impression that he exist just a little bit, that annoys her mother because she feels he escapes her power. He is the equal of his mother, even he dominates her because she is bound by her social role. Finally, she regains him after his disappearance.
Madec and death are close but it does not matter for Madec, it attracts the death around him, but this death is of no consequence. Perhaps because (as in some suicides child), he does not know exactly what it is.
There are elements of comedy in the book because, as i the theater, parents and children play a role but the comic is that it is a gap between these roles and reality.
The book is hard for mothers. Laurence Why did not she said she found the child dead? Because, says Dreyfus, she can not accept, under the srutiny of the society, to be the mother of a child who died because he lacked supervision.
It does not feel guilty, but probably the reader (and the journalist who interviewed him) concludes she is guilty. For Dreyfus, it is mostly a victim rather stupid of propriety, raised in an environment where she had no choice, she has become what she should be: a mother, a wife, a doctor.
The villain is the brother, Tony, who has the vulgarity of the media, and celebrities helikes, he uses the death of Madec to satisfy his taste for glitter. The father does not know but it happens for him something at the end of the book, in the last pages ...
But there are other characters that fate brings together in the drama that enters their lives
. The inspector and the repentant pedophile. Dreyfus said that it really exists, was nearby when the disappearance occured, he was suspected because he was the most obvious suspect, but he had an alibi and was not guilty .. There was the ideal culprit, he and not the impossible culprit: the mother.

The reader encounters in a book characters who live a story and vanish, at the end ,in their own world.
Dreyfus concludes by referring to the world of childhood which is like a coloring: there are always parts in white in the subject that are to be coloured, and you can dream watching them, we aren't obliged to colour everything. Childhood is the only period in life where we can dream all the time.

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Thu 16 Feb - 12:42


Another interview few days ago. French summary first and fast translation in English after.
.........................................................................................................................................................................

Une histoire de la psychanalyse. Les visiteurs du matin. France culture.
Arthur Dreyfus /Belle famille


Introduction :
Un repris de justice sauve un enfant et c'est le début de la descente aux enfers pour lui.
A.Dreyfus s'est inspiré du fait divers très médiatisé, l'affaire de la disparition de Maddie McCann.

Ce qui inspire A.D, comme dans cette affaire, ce sont les sujets qui le dérangent, en tant qu'être humain, et qui dérangent les autres aussi. C'est aussi l'enfance,qui associe la poésie inhérente de la vie ( l'envol d'un oiseau dans le ciel..) et la confrontation avec la mort avec laquelle l'enfant a une relation complexe ( il joue avec l'image de la mort.)

L'interviewer souligne que le livre est inspiré clairement d'un fait divers bien précis et demande à A.D pourquoi il prend tant de précautions dans le prologue pour indiquer qu'il n'y a rien de vrai dans ce qu'il dit.
A.D répond que c'est le service juridique de Gallimard qui lui a imposé ce prologue par peur des procès car il y a assez souvent des menaces de poursuite dans l'édition.

A.D reconnaît qu'il est un lecteur de faits divers et dit qu'avant lui, de grands auteurs comme Stendhal («  Le Rouge et le Noir ») se sont inspirés sans problème de l'actualité. Lui-même a suivi les cours d'une école de communication. Il y a de bons journalistes et des moins bons, ceux par exemple qui se contentent de lire les dépêches de l'AFP avec un sourire blanchi aux lèvres.
La disparition de Maddie a eu beaucoup de retentissement car les enfants sont sacralisés et surtout parce qu'il y a eu l'évocation de la pédophilie.
C'était une affaire dramatique qui montre des parents visitant toutes sortes de célébrités, recueillant des millions d'euros, prenant un porte parole...

Ce qui l'intéresse c'est le rapport des enfants aux parents. L'amour qu'une mère porte ou ne porte pas à ses enfants. Bien sûr une femme a tout à fait le droit de ne pas avoir d'enfant, mais c'est différent quand on en a et c'est là que les choses sont plus compliquées.

Dans le livre, il y a des faux coupables. La mère n'est pas coupable mais à cause de son attitude ( devant la mort de l'enfant), elle le devient.
Madec a des aventures un peu absurdes et provoque la mort ( Mme Frêle) mais sans méchanceté. Cet enfant, sa mère n'arrive pas à le posséder, il lui échappe. Après sa mort, même étant absent,il revient à sa mère, il redevient son enfant.

Quel plaisir a-t-il eu en écrivant ce roman? Le plaisir d'être lui-même car il est plus lui-même dans le livre que dans la vie. En effet, il est difficile d'expliquer un livre qu'on a écrit. On dit mille fois mieux les choses dans un roman que dans une interview. Dans le livre, on a le plaisir d'être complètement soi.

Il y a du rire dans son livre, comme dans les films de Chabrol sur la famille. La famille est le théâtre du rire car il y a beaucoup de choses grotesques dans une famille.

A.D se défend d'être cynique dans le livre. C'est l'excès de réalisme qui rend un livre cynique et lui donne un goût acide, pas la fiction .
ll faut traiter les sujets légers avec gravité et les sujets graves avec légèreté.







A history of psychoanalysis. Visitors in the morning. France Culture.
Arthur Dreyfus / Beautiful Family

Introduction:
An ex-convict saves one child it is the beginning of the descent into hell for him.
A.Dreyfus was inspired by the fact high-profile case of the disappearance of Maddie Mccann.

What inspires AD, like in this case,these are the issues that bother him, as a human being, and also disturb others. It is also the childhood, which combines the inherent poetry of life (the flight of a bird in the sky ..) and the confrontation with death with which the child has a complex relationship (he plays with the image of death.)

The interviewer points out that the book was inspired to A.D by a spécific piece of news and asks why he takes so many precautions in the prologue to indicate that there is no truth in what he says.
AD replied that it was the legal department of Gallimard that imposed by this prologue, by fear of litigation because there is quite often the threat of prosecution in the edition.

AD acknowledges the fact he likes reading the news and told him that before, great writers like Stendhal ("The Red and the Black") were inspired by the news without problem. He himself was trained at a school of communication. There are good journalists and worse, for example those who merely read the headlines of the AFP with a blank smile on their leaps .

Maddie's disappearance had a lot of impact because children are sacred and especially because there was the mention of pedophilia.
It was a dramatic case that shows parents visiting all kinds of celebrities, raising millions of euros, taking a spokesman ...

What interests him is the relation between children and parents. The love a mother bears or does not to her children. Of course a woman has quite the right not to have children, but it's different when she has children and that's where things are more complicated.

In the book, there has scapegoats. The mother is not guilty but because of her attitude (after the child's death), she becomes guilty.
Madec has little absurd adventures and causes a death (Mrs. Frêle) but without malice. This child, her mother can not have him, he eludes her. After his death, even being absent, he returned to his mother, he is again her child.

What a pleasure he took in writing this novel? Pleased to be himself because he is more himself in the book that in life. Indeed, it is difficult to explain a book you wrote. He says things a thousand times better in a novel than in an interview. In the book, he has the pleasure of being completely himself.

There is laughter in his book, as in Chabrol's films on the family. The family is the theater of laughter because there are many grotesque things in a family.

A.D denies being cynical in the book. It is the excess of realism that makes a book cynical and gives it a sour taste, not fiction.
One must treat light subjects with seriousness and grave subjects with lightness.
...............................................................................................................................................................


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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Thu 16 Feb - 20:34

Interview on you tube. A.D was selected ( with 5 others) for the Prix Landerneau and before , was interviewed by some members of the jury.
At a moment, ( about 6.) the interviewer asks if he took in consideration the sufferings of the parents whose child was kidnapped. Another member corrects that the child disappearedand says his scenario is plausibe, but for the meat fork. A.Dreyfus precises that it was the conclusion of the Portuguese inspector who wrote a book about it , probably he was paid royalties in advance by a Portuguese publisher, book that was forbidden two months after.He also says that the inspecteur didn't say that the mother murdered her child but she concealed the body after an accident. He also repeats that he didn't study in details the case and just chosed this short part of the story because it was the most interesting to start from.He says he doesn't remember exactly when the real case took place-2007/2008/2009? (And he overestimates the amount of money collected. A bit confused also about the celebrities the parents ( in real or fiction?) met.)Looks sincere. Puzzling.


http://www.youtube.com/watch?v=7Jl9TZqLUwg

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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Sun 26 Feb - 14:34

Article sur "Belle Famille" de Georges Moréas:

http://moreas.blog.lemonde.fr/2012/02/26/la-disparition-de-la-petite-maddie-devient-un-roman/comment-page-1/#comment-35803

In French+google translation


26 février 2012

La disparition de la petite Maddie devient un roman


Le 3 mai 2007, Madeleine McCann a disparu. Elle était supposée dormir dans la chambre de l’appartement de vacances que ses parents louaient dans le complexe touristique l’Ocean Club, au sud du Portugal. Elle allait avoir 4 ans.

Vers 22 heures, ce soir-là, sa maman s’est éclipsée du restaurant où elle dînait avec son mari et des amis pour s’assurer que tout allait bien dans le petit deux-pièces. Elle ouvre la porte… Les jumeaux, âgés de deux ans, dorment à poings fermés, mais sa fille n’est pas dans son lit. La fenêtre est ouverte, le volet est levé. Elle donne l’alerte.

Une affaire qui va faire couler beaucoup d’encre. Très vite, elle prend une dimension internationale. Le 9 mai, Interpol diffuse une fiche de recherche. La presse britannique se déchaîne et remet en cause le travail des policiers portugais. Le Premier ministre Gordon Brown intervient. Des enquêteurs de Scotland Yard débarquent. Un fonds de soutien est créé, le milliardaire Brian Kennedy le cautionne, le patron de Virgin aussi. Le site internet reçoit 5 millions de visiteurs en 24 heures. Les parents engagent un directeur de communication. Plusieurs millions d’euros de dons, peut-être dix. Les chiens renifleurs détectent des traces suspectes. Gonçalo Amaral, le policier de la PJ responsable de l’enquête, met la pression sur les parents. Il pense qu’ils ont dissimulé la mort accidentelle de leur enfant. Le pape reçoit les McCann. Un ancien pédophile est arrêté. Amaral est viré… Il écrit un livre. La mère aussi… On ne sait toujours pas ce qu’est devenue la petite Maddie.

« Jamais auparavant dans l’histoire, autant de monde s’est intéressé au sort d’une petite fille », écrit Duarte Levy dans le bandeau du blog consacré à cette affaire.

Pour son roman Belle famille, paru chez Gallimard, Arthur Dreyfus, lors d’une interview sur France Culture, dit avoir fait un rapprochement entre cette affaire et Le Rouge et le Noir. Pour le personnage de Julien Sorel, Stendhal se serait inspiré des mésaventures d’un criminel, Antoine Berthet, qui a été guillotiné en 1828. (Je crois que ce n’est qu’une hypothèse.) Dreyfus a été captivé par le côté magique de cette histoire. Les parents couchent leurs enfants, ils vont au restaurant, puis… « Quelques heures plus tard, ils reviennent, elle a disparu, il n'y a pas une trace d'ADN dans l'appartement, il n'y a pas une trace d'effraction, les frères n'ont pas été réveillés. C'est comme si l'enfant s'était évaporée. Donc, il y a quelque chose d'assez magique dans cette disparition. »


Son livre, c’est l’histoire d’un petit garçon. Il a 9 ans, il s’appelle Madec Macand. Et il n’est pas anglais, mais français. Durant la première partie, c’est le personnage central. Un enfant à l’esprit vif, qui découvre la vie et qui s’interroge sur la mort. C’est d’ailleurs la dernière phrase de l’épilogue : « Madec aime bien mourir ».

Puis il disparaît. Il n’y a pas de mystère, on sait ce qui lui arrive. L’intrigue est basée sur le comportement de sa mère. L’auteur n’a pas cherché à se rapprocher de la réalité, mais de l’aspect humain, psychologique. Un enchaînement de gestes non réfléchis qui enferment la femme dans ses mensonges. Au point qu’elle ne parvient plus à faire la part du vrai du faux. Il ne soutient aucune hypothèse. Il ne cherche pas à démontrer la vérité, il en invente une. Il la rêve. « L’écrivain ne fait rien d’autre que cela : rêver la vérité ».

Arthur Dreyfus a 26 ans. C’est son deuxième roman. Dans cette interview, il raconte qu’une lectrice l’a interpellé pour lui demander si le fait de partir d’un fait divers pour écrire un livre, ce n’était pas un peu comme regarder dans un caniveau… Et il lui a répondu que la seule chose qui l’excitait, en tant qu’écrivain, c’était justement de regarder dans les caniveaux...

Ce n'est pas une très bonne réplique, mais son livre est remarquable à bien des égards. Je n'ai aucune compétence pour juger un écrivain, mais en tant que simple lecteur, je dois dire que ce monsieur a du talent. Il farfouille dans les âmes.

Dans la vraie vie, la famille McCann a systématiquement attaqué tous ceux qui parlaient de « leur » affaire d’une manière estimée déplaisante. On dit d’ailleurs qu’ils ont récupéré une petite fortune en dommages et intérêts. Je ne sais pas s’ils attaqueront Gallimard en justice. Leur dernier exploit juridique remonte à quelques mois. Ils s’en sont pris à trois personnalités du petit écran portugais, un présentateur-vedette, un psychologue et un journaliste.

Quant à Gonçalo Amaral, qui avait été condamné en première instance pour son livre L’enquête interdite (Bourin Éditeur), la Cour d’appel lui a finalement donné raison. Les McCann ont bien tenté un recours devant la Cour suprême de justice, mais celle-ci a rejeté leur demande. L’ancien policier va donc pouvoir récupérer une partie de ses biens qui avaient été placés sous séquestre et remettre son livre en vente. Sa vie privée en a pris un sérieux coup, mais c’est le bout du tunnel, comme il dit. Pourtant, je crois qu’il n'en a pas fini avec les McCann.

Je ne sais pas si un jour on saura ce qui est arrivé à la petite Maddie. Les disparitions d’enfants restent souvent inexpliquées. Mais cette affaire marquera son époque par sa médiatisation mondiale, via l’Internet, et par l’argent qui a été fait autour.

Et puis, il restera ce roman."



February 26, 2012

The disappearance of Maddie becomes a novel


May 3, 2007, Madeleine McCann disappeared. She was supposed to sleep in the room of the holiday apartment her parents rented in the Ocean Club resort in southern Portugal. She was 4 years old.

At 22 pm, that night, his mom has keft the restaurant where she dined with her husband and friends to ensure that all was in order in the small two-room apartment. She opens the door ... The twins, aged two, are asleep, but her daughter is not in bed. The window is open, the shutter is lifted. She raised the alarm.

A case on witch it will be be much written. Soon it is going international. May 9, Interpol issues a research. The British press is unleashed and questions the Portuguese police work. Prime Minister Gordon Brown intervenes. Investigators from Scotland Yard arrive. A support fund is created, the millionaire Brian Kennedy is supportive, the Virgin boss also. The website receives 5 million visitors in 24 hours. Parents take a communications director. Several million donations, maybe ten. Sniffer dogs detect suspicious signs. Gonçalo Amaral, the police officer responsible for investigating PJ, puts pressure on parents. He thinks they have covered up the accidental death of their child. Pope receives McCann. A former pedophile was arrested. Amaral was fired ... He wrote a book. The mother too ... We still do not know what has happened to Maddie.

"Never before in history, many people became interested in the fate of a little girl," Duarte Levy wrote in the band's blog devoted to this matter.

For his novel Belle famille, published by Gallimard, Arthur Dreyfus, in an interview on France Culture, said he made a connection between this case and "Le Rouge et le Noir". For the character of Julien Sorel, Stendhal would have been inspired by the misadventures of a criminal, Antoine Berthet, who was guillotined in 1828. (I think it is only a hypothesis.) Dreyfus was captivated by the magic of this story. Parents put their children to bed, they eat out, then ... "A few hours later, they return, , there is not a trace of DNA in the apartment, there is not trace of breaking, the brothers were not awakened. It is as if the child was gone. So there's something quite magical about the disappearance. "


His book is the story of a little boy. He is 9 years old, his name Macand Madec. And it is not English but French. During the first part, this is the central character. A quick-witted child, discovers life and questions death. This is also the last sentence of the epilogue: "Madec like dying."

Then he disappears. There is no mystery, we know what happens to him. The plot is based on the behavior of his mother. The author did not attempt to move closer to reality, but at the human, psychological level. A series of gestures without think ,that enclose the woman in her lies. To the point that she is no longer able to separate the true from the false. It does not support any hypothesis. It does not seek to prove the truth, he invents his own. He dreams. "The writer does nothing other than this: to dream the truth."

Arthur Dreyfus is 26. This is his second novel. In this interview, he tells a reader that has challenged him by asking if the fact to write a story from a news item, it was not like looking in a gutter ... And he told her the only thing that excited, as a writer, it was just looking in the gutter ...

It's not a very good replica, but his book is remarkable in many ways. I have no competence to judge a writer but as a mere reader, I must say that this man has talent. He rummages in souls.

In real life, the McCann family has systematically attacked all those who spoke of "their" case in a unpleasant estimated manner. It said they also recovered a small fortune in damages. I do not know if they will attack Gallimard in court. Their latest legal exploit was a few months ago. They have attacked three people of Portuguese television, a presentator, a psychologist and a journalist.

As for Gonçalo Amaral, who was convicted at trial for his book "L'enquête interdite"(Bourin Editor), the Court of Appeal has finally cancelled the jugement. The McCanns did try an appeal to the Supreme Court, but it refused their request. The former police officer will be able to recover some of his property that had been confiscated and can put back his book on sale. His private life has taken a serious blow, but it's the end of the tunnel, as he says. Yet I think he has not finished with the McCanns.

I do not know if one day we will know what happened to Maddie. Missing children often remain unexplained. But this case will mark his time with his global media frenzy over the Internet, and the money that has been around.

And then, it will remain this novel.






















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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

Post  frencheuropean on Wed 29 Feb - 15:14

In the big bookshop, la FNAC, for the best novel's sales, Belle famille is now, after 2 months, number 14, which is very good for a new writter. All the critics I read were very laudative.

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La FNAC.com


Meilleures ventes Roman

14

Belle famille

Arthur Dreyfus

«Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s'il était surveillé, il s'interdit la lumière. L'obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Es... » Lire la suite...
Roman | broché | Gallimard | janvier 2012


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Re: "Belle famille" --A.Dreyfus--Résumé complet en français--interviews-revues de presse

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